Face à l’essor rapide des nouvelles formes de déplacement urbain, le Maroc franchit une étape importante dans la régulation de la mobilité douce. Réuni le jeudi 19 juin 2025, le Conseil de gouvernement a validé le projet de décret n° 2.24.393, destiné à encadrer l’utilisation croissante des vélos électriques, trottinettes et autres engins motorisés de déplacement individuel sur les routes du Royaume.
Ce texte vient modifier et compléter le décret n° 2.10.421, relatif à l’application du Code de la route (loi n° 52.05). L’objectif est d’adapter le cadre juridique aux nouvelles réalités de circulation, marquées par la montée en puissance de solutions de mobilité alternatives, notamment dans les grandes villes.
Avec cette réforme, les autorités marocaines cherchent à accompagner l’évolution des pratiques de mobilité, tout en garantissant la sécurité des usagers et une meilleure organisation de l’espace public.
Deux catégories d’engins désormais clairement définies
L’un des apports majeurs de ce décret concerne la clarification des catégories juridiques des nouveaux moyens de déplacement individuels.
Le texte distingue désormais deux types principaux :
1. Les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM)
Cette catégorie regroupe notamment les trottinettes électriques. Elles sont définies comme des engins monoplace, non destinés au transport de marchandises et équipés d’un moteur non thermique. Leur vitesse maximale est limitée à 25 km/h.
2. Les vélos à assistance électrique (VAE)
Ces véhicules sont définis comme des bicyclettes dotées d’un moteur électrique d’une puissance maximale de 250 watts. L’assistance doit se couper automatiquement lorsque le cycliste cesse de pédaler ou lorsque la vitesse atteint 25 km/h.
Cette classification rapproche le cadre marocain des standards adoptés dans plusieurs pays européens, où la distinction entre EDPM et vélos à assistance électrique constitue désormais une référence réglementaire.
Des normes techniques et administratives actualisées
Le projet de décret introduit également une actualisation des critères techniques applicables à ces engins. Les éléments relatifs au poids, aux dimensions et aux caractéristiques mécaniques seront précisés par l’autorité compétente en matière de transport.
Par ailleurs, la réforme prévoit une simplification de certaines procédures administratives, notamment celles liées à l’homologation et au contrôle, en collaboration avec l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (NARSA). L’objectif est de faciliter l’intégration de ces nouveaux véhicules dans le paysage routier tout en assurant le respect des normes de sécurité.
Une étape vers une mobilité urbaine plus durable
L’encadrement juridique des vélos et trottinettes électriques s’inscrit dans une dynamique plus large de transition vers des modes de transport plus durables. Dans un contexte d’urbanisation accélérée et de congestion croissante des centres urbains, ces solutions offrent une alternative intéressante pour les déplacements courts.
En posant un cadre réglementaire clair, le Maroc entend encourager l’usage de la mobilité douce, tout en garantissant une cohabitation harmonieuse entre automobilistes, cyclistes et utilisateurs d’engins électriques.
Cette évolution marque ainsi une étape importante dans la modernisation du système de transport urbain du Royaume, où l’innovation technologique et les préoccupations environnementales tendent désormais à façonner les politiques de mobilité.

