Deux jeunes Parisiens, Loïse Lyonnet et Jean Dard, s’apprêtent à relever un défi hors du commun : parcourir près de 2 000 kilomètres à vélo solaire à travers le désert marocain, de Laâyoune jusqu’à Rabat, dans le cadre du Sun Trip, une aventure technologique et humaine prévue du 5 au 20 mai 2026. À bord d’un engin atypique surnommé leur « Supercycle », le duo souhaite démontrer le potentiel des mobilités légères et autonomes.
Un véhicule solaire hors norme
Le véhicule utilisé par Loïse et Jean ne ressemble à aucun vélo traditionnel. Conçu et bricolé par Jean, designer et entrepreneur, ce vélo cargo à quatre roues appartient à la catégorie des « véhicules intermédiaires », un type d’engin hybride entre vélo et micro-mobilité électrique.
Pesant environ 70 kg, leur machine a été entièrement repensée à partir d’un ancien vélo cargo datant d’une dizaine d’années. Avec l’aide d’un ingénieur basé en Bourgogne, plusieurs modifications techniques ont été apportées : remplacement des moteurs, installation d’un pédalier générateur, suppression de la chaîne traditionnelle et intégration de batteries recyclées provenant d’anciennes trottinettes électriques.
L’élément central du projet reste toutefois le toit solaire, actuellement en cours de fabrication en Bretagne, qui permettra au véhicule de produire l’énergie nécessaire pour parcourir de longues distances sans recharge externe.
Une course solaire au cœur du Sahara
Le défi auquel ils participent s’inscrit dans le cadre du Sun Trip, un événement international dédié aux mobilités solaires. Une vingtaine de participants devraient prendre part à cette traversée du Maroc, chacun à bord d’un véhicule alimenté par l’énergie solaire.
La course reliera Laâyoune à Rabat, sur environ 2 000 kilomètres, avec une particularité majeure : les participants évoluent en totale autonomie énergétique, dépendant uniquement de la capacité de leurs panneaux solaires à produire l’électricité nécessaire à la progression.
Pour Loïse Lyonnet, âgée de 28 ans et aujourd’hui rédactrice après une première expérience dans le milieu politique, l’expérience dépasse largement la dimension sportive :
« Nous nous attendons à vivre une aventure incroyable. Ce qui nous attire aussi, c’est l’ambiance : il n’y a pas vraiment d’esprit compétitif, mais plutôt une exploration collective. »

Un projet technique… et physique
Si l’engin peut théoriquement atteindre 45 km/h lorsqu’il est débridé, il reste soumis aux règles des vélos électriques. En France, il ne peut d’ailleurs pas circuler sur certaines pistes cyclables faute d’homologation spécifique.
Mais le véritable défi attend le duo sur le terrain. Une partie importante du parcours se déroulera dans les régions désertiques du Sahara, où la chaleur, les longues distances et les contraintes logistiques imposeront une gestion rigoureuse de l’énergie.
Jean Dard, déjà habitué aux expéditions à bord de véhicules intermédiaires, a parcouru entre 750 et 5 000 kilomètres lors de précédents voyages. Toutefois, cette aventure représente une étape supplémentaire :
« Au Maroc, une bonne partie du tracé traverse le Sahara. Ce sera un défi à la fois physique et technique. »

Promouvoir une mobilité plus légère
Au-delà de la performance, Loïse et Jean défendent un message clair : réinventer nos récits autour de la mobilité. Leur projet vise à sensibiliser le public aux alternatives à la voiture individuelle et aux possibilités offertes par les technologies légères et renouvelables.
Selon Jean, l’enjeu est autant culturel que technique :
« Aujourd’hui, la majorité des déplacements se font encore en voiture. Nous voulons montrer qu’il existe d’autres solutions et inspirer de nouveaux usages. »
Le couple s’inscrit également dans la philosophie du « voyage lent », privilégiant la découverte progressive des territoires plutôt que la vitesse.
Un voyage qui commence bien avant la course
L’aventure débutera dès avril 2026, lorsque Loïse et Jean partiront de Paris à bord de leur Supercycle pour rejoindre Marseille. De là, ils embarqueront sur un ferry vers le Maroc. Après la course, leur retour vers l’Europe se fera par l’Espagne.
Le projet représente également un investissement financier important, estimé entre 10 000 et 20 000 euros pour les deux binômes participants. Pour soutenir l’expédition, les participants ont lancé une cagnotte en ligne.
Tout au long du voyage, le couple prévoit de documenter l’expérience à travers photos, vidéos et récits, avec l’ambition d’exposer ensuite leurs souvenirs et les enseignements techniques de cette aventure.

